Voici, ci-dessous, résumé en un dessin de Pelos, un combat de Boxe auquel furent conviés des invités avant la course du
GP de Cuba le lendemain 25 février
1957
Voici l'histoire contée par Fernand Bucchianeri, envoyé spécial de Moteurs: " (...) Alors qu'allait se dérouler le premier GP de Cuba, une émeute se mit à gronder dans la chaude capiale de La Havane. Les rebelles menacent d'enlever les coureurs. Le général Batista, chef du gouvernenment, riposte en mettant la ville en état de siège.
Son beau-frère, le colonel Miranda, ex-champion olympique de tir au pistolet, protège tous les pilotes, en leur donnant à chacun plusieurs gardes de corps.
La veille des essais, Fangio, Gordini, Schell et sa femme Monique, Lucas, Simon, Pilette sont invités par le colonel Miranda à un gala de boxe.
L'épouse de ce dernier est la soeur du dictateur (
Batista). Elle polarise le mécontentement des rebelles, nombreux dans la salle. La foule est nerveuse, l'atmosphère orageuse et lourde de menaces.
La décision du grand combat est violemment contestée. Des bouteilles sont projetées sur le ring. Bientôt des coups de revolver crépitent de tous cotés. Debout et hilare, le colonel Miranda tire des deux mains. Les gardes du corps aussi.
"Couchez-vous" disent-ils simplement à nos coureurs en ponctuant cette recommandation avec de légers coups de crosse sur la tête de leurs protégés.
Parmi les bottes de chasseurs de rebelles, Fangio, Gordini, Schell, Monique, Simon et Pilette miment involontairement une partie de catch. Bras, jambes et mains entrelacés, ils attendent, dans le sifflement des balles, leur dernière heure. En feignant de rire, ils murmurent, mi-figue, mi-raisin:
"Dans quel pétrin sommes-nous tombés ! - On ne sortira jamais vivants d'ici"
La panique règne dans la salle. Soudain, la grande porte est enfoncée. Nos pilotes foncent tête baissée vers la sortie. Après le catch, le 400 mètres haies !
Une demi-heure plus tard, essouflés, les gardes du corps les rejoignirent enfin à l'hôtel où chacun put trinquer à la paix enfin retrouvée".
Le sport automobile est vraiment un sport très dangereux.
p.s. Juan Manuel Fangio sera finalement enlevé par les "Barbudos" de Fidel Castro, mais en 1958, avant le GP de Cuba; c'est Maurice Trintignant qui pilotera la Maserati 450 S qui était destinée au Maestro.